On dirait que je me mettrais en tutu, en combinaison, en grande robe du soir avec des boas, ou avec un voile blanc sur la tête, et que j’irais me promener comme ça.
On dirait que je me maquillerais pour faire quelqu’un d’autre. On dirait que je ferais semblant d’être perdue dans la mine, d’attendre le train, de téléphoner, que je ferais semblant de bronzer sur le monument aux morts.
Je prendrais une valise pour te faire croire que je suis toujours partie et jamais arrivée, et des grands talons pour te faire croire que c’est pas normal.
On dirait que j’aurais pas le droit de parler.
Et on dirait aussi qu’on ferait des photos de mes promenades.
On dirait que pour toi, le jeu ce serait d’imaginer une histoire quand tu verrais les photos. En fait, je ferais semblant de te raconter une histoire, et tu ferais semblant de la croire, alors que je raconterais rien (je peux pas parler) et toi, tu inventerais tout, pour de vrai !
On dirait que cette règle commanderait les jeux du simulacre et de la fiction.
Entre le vrai et le faux, je préfère m’amuser du faux.
Me prendre au double jeu du jeu de scène et du jeu de lumière.
Jouer le jeu du jeu d’enfant ou du jeu d’acteur. Jouer des coudes dans les représentations du féminin.
Un « jeu de fille », en somme… ai-je souvent entendu.
Jouer de son corps, et de ceux qui veulent bien me prêter le leur, comme tout le monde en définitive, avec toutefois des règles particulières, conventions personnelles, arbitraires.
Disons que j’envisage les stratégies du simulacre comme des ouvertures possibles vers l’imaginaire.
IMPORTANT : suite aux différents changements technologiques de ces dernières années, je n’ai plus de tirages argentiques à disposition. Je travaille actuellement à la numérisation des anciens films en noir et blanc, afin d’en faire de nouveaux tirages, numériques maintenant.
Merci de me contacter pour toute information.
